Les acteurs ESS de la filière agricole en campagne pour la souverainté alimentaire

L'initiative "Pour la souveraineté alimentaire, l'agriculture nous concerne tous" sera soumise au vote des Suisses en 2017. Le texte d'Uniterre vise à renforcer une production agricole indigène, saine et respectueuse de l'environnement.

Il n’est pas rare que le concept de souveraineté alimentaire soit considéré comme un projet développé par les paysans du sud et pour les paysans du sud. C’est inexact. Ce concept a été  conçu par des organisations paysannes provenant de tous les continents. Il permet d’illustrer qu’il n’y a pas d’opposition entre agriculture paysanne du sud et du nord mais plutôt entre deux types de modèles agricoles : l’un paysan, essentiellement orienté vers les besoins des populations locales et l’autre industriel, destiné essentiellement à l’exportation.

L’agriculture paysanne en Suisse est victime, comme en l’Argentine, en Indonésie ou au Mali, des politiques de ces 20 dernières années qui ont eu pour objectif de déréguler les marchés, de globaliser les échanges commerciaux et de pratiquer la course aux bas prix. Si les prix payés aux paysans ont baissé de 31% ces 20 dernières années, les prix à la consommation ont augmenté de 12% ; inévitablement, entre ces deux extrêmes de la chaine alimentaire, certains acteurs semblent profiter de la dérégulation des marchés. Aujourd’hui, l’agriculture ne permet plus de rémunérer correctement ni la famille paysanne, ni les employ-é-s agricoles.

En raison de ce triste constat, Uniterre a estimé cohérent et justifié de compléter l’article 104 actuel de la Constitution par un article 104a sur la souveraineté alimentaire.

5 bonnes raisons de voter en faveur de l'initiative

  1. Une agriculture paysanne diversifiée et nourricière qui tienne compte de nos ressources naturelles notamment du sol, protège nos semences et renonce aux OGM.
  2. Une agriculture qui offre un avenir aux générations futures en assurant par des prix rémunérateurs des revenus équitables aux paysan-ne-s comme aux employé-e-s agricoles et en garantissant aux jeunes un accès à la terre.
  3. Un marché plus transparent, qui soit au service des paysan-ne-s comme des consommateurs-trices ; un renforcement des circuits courts pour promouvoir et dynamiser la production de proximité, les emplois dans les régions, réduire les transports et garantir une meilleure traçabilité.
  4. Un commerce international plus équitable par le biais d’une frontière qui joue son rôle régulateur ; un droit de se protéger et un devoir de renoncer à des subventions à l’exportation.
  5. Une agriculture et une alimentation citoyenne qui soient à l’écoute de la population ; que celle-ci soit souveraine sur le type de politiques agricole et alimentaire qu’elle souhaite développer au plus proche de ses souhaits et en respect des autres régions.

 

Retrouvez toutes les infos sur le site du comité d'initiative. Les acteurs ESS de la filière agricole soutiennent cette initiative. Les Suisses devraient voter sur le texte au plus tôt au printemps 2017.

Principes et valeurs de l'économie sociale et solidaire appliqués à la filière agricole: des bases pour la souveraineté alimentaire